Et si vous étiez enflammé.e sans le savoir ?
Fatigue qui ne passe pas, digestion capricieuse, articulations un peu raides au réveil, peau qui réagit pour un rien, sommeil qui ne répare plus vraiment. Aucun de ces signes, pris seul, ne semble grave. Et c est exactement le piège : l'inflammation chronique ne fait jamais de bruit. Elle s'installe en silence, pendant des annees parfois, avant qu'on ne commence à relier les points.
Je porte ce sujet avec une attention particulière, parce que je vis moi-même avec de l'endométriose et de l'adénomyose, deux maladies aujourd'hui reconnues comme inflammatoires chroniques. Mais je ne voudrais pas que cet article ne parle qu'a celles qui partagent mon diagnostic. La réalite, c'est que l inflammation de bas grade concerne un nombre bien plus large de personnes que ce qu'on imagine. Si vous avez plus de 35-40 ans, si votre alimentation a été industrialisée à un moment de votre vie, si vous traversez une période de stress prolongée, il y a de fortes chances que ce sujet vous concerne directement, même sans diagnostic precis.
Alors prenons le temps de comprendre ce qui se passe vraiment dans le corps, et voyons ensemble ce que les plantes peuvent faire face à ce phénomène.
Deux types d'inflammations
L'inflammation aiguë est un phénomène qui a un début, un milieu et une fin. Il dure quelques jours et s'arrête de lui-même : on dit qu'il est auto-limitant. Son but est la réparation des tissus. Une blessure, une entorse, une infection et le corps répond avec ce que les Anciens décrivaient déjà par quatre signes en latin : rubor (rougeur), calor (chaleur), dolor (douleur), tumor (gonflement).
Ce qui se passe alors est d'une sophistication remarquable. Les cellules endommagées libèrent des messagers : cytokines, histamine, prostaglandines, qui dilatent les vaisseaux sanguins voisins pour amener plus de sang, donc plus de globules blancs, d'oxyèene, de nutriments. Les petits vaisseaux deviennent perméables, laissent passer du liquide dans les tissus : c'est l'oedème. Les globules blancs sortent des vaisseaux, détruisent les agents pathogènes, nettoient les débris cellulaires.
L'inflammation chronique est une toute autre histoire. On l appelle inflammation de bas grade, ou inflammation a bas bruit parce qu'elle ne présente aucun des signes classiques de l'inflammation aiguë. Pas de rougeur, pas de chaleur évidente, pas de douleur localisée. Elle s'installe silencieusement, en continu, et c'est précisèment ce qui la rend insidieuse : on peut vivre des années avec une inflammation chronique sans en avoir conscience, jusqu'a ce que les dégâts s'accumulent suffisamment pour que des symptômes apparaissent.
Il n'existe, à ce jour, aucune maladie chronique dégénérative dans laquelle l'inflammation chronique n'est pas impliquée : cancers, maladies auto-immunes, maladies métaboliques, maladies cardiovasculaires, maladies neurodégénératives.
D'ou vient l'inflammation chronique ?
Les pistes identifiées aujourd'hui sont nombreuses et elles se recoupent largement avec les grands principes de l'hygiène de vie :
Une inflammation intestinale chronique, provoquée par une alimentation riche en produits ultra-transformés, additifs, sucres raffinés ou des aliments que l'on tolère mal peuvent irriter les muqueuses digestives et entretenir une inflammation locale. Certaines personnes découvrent qu'elles réagissent à certains aliments sans pour autant être allergiques : gluten, produits laitiers, alcool, certains additifs par exemple, histamine, FODMAP (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles), etc.
Cela peut se traduire par :
des ballonnements fréquents ;
des gaz ;
un ventre gonflé après les repas ;
un transit irrégulier ;
des brûlures digestives ;
une sensation de lourdeur après avoir mangé.
Avec le temps, cette irritation chronique peut fragiliser la barrière intestinale et créer une porosité intestinale. Certaines substances qui devraient normalement rester confinées dans l'intestin passent alors la barrière intestinale et se retrouve dans le sang, ce qui peut mettre le système immunitaire en état d'alerte permanent et contribuer à entretenir un terrain inflammatoire chez certaines personnes.
Un déséquilibre du microbiote intestinal
Notre intestin abrite plusieurs milliers d'espèces de bactéries, levures et autres micro-organismes qui participent à notre équilibre. Lorsque certaines espèces deviennent trop présentes et que d'autres disparaissent, on parle de dysbiose intestinale.
Cette situation peut apparaître après :
plusieurs traitements antibiotiques ;
des périodes de stress intense ;
une alimentation pauvre en fibres ;
certaines infections digestives.
Et quand la flore contient plus de mauvaises bactéries que de bonnes bactéries, le système immunitaire, qui surveille en permanence l'intestin, peut alors rester sur la défensive comme s'il devait constamment gérer une menace, ce qui entraîne à la longue une inflammation chronique.
Un déséquilibre des acides gras alimentaires, avec une consommation excessive d'omega-6 par rapport aux omega-3, ce qui favorise la production de cytokines pro-inflammatoires.
Manger davantage d'oméga 3 serait anti-inflammatoire. On les trouve notamment dans :
poissons gras ;
sardines ;
maquereaux ;
noix ;
graines de lin ;
graines de chia ;
huiles de colza, lin, noix
Un niveau de stress chronique élevé :
À l'origine, le stress est un mécanisme de survie. Face à un danger, notre organisme se prépare à courir, lutter ou se protéger d'une blessure. Pour cela, il active notamment certaines voies inflammatoires.
Le problème est que notre cerveau ne fait pas toujours la différence entre un prédateur et une boîte mail débordante. Aujourd'hui, le corps peut vivre dans un état d'alerte quasi permanent : pression financière , surcharge mentale, conflits relationnels, inquiétudes pour l'avenir, rythme de travail intense, distraction et flots d'information permanent, etc.
Lorsque cette alerte devient chronique, l'inflammation peut suivre le même chemin.
Un manque de sommeil réparateur, qui place le corps en état de stress physiologique constant.
Une charge toxique environnementale : métaux lourds, moisissures, substances chimiques, pesticides, pollution, etc.
Un surpoids, car les cellules adipeuses sécrètent elles-mêmes des substances pro-inflammatoires.
Un manque d'activité physique : nos structures veineuses et lymphatiques ont besoin du mouvement musculaire pour fonctionner, faire circuler les fluides et éliminer les déchets.
Une mauvaise hygiene buccale, dont l'impact sur l'inflammation systémique a été démontré.
Cette liste peut donner le vertige. Mais en y regardant bien, rien ne devrait nous étonner : ce sont, pour beaucoup, des conséquences directes de notre éloignement progressif d'un mode de vie qui correspondait davantage à nos besoins physiologiques.
Comment savoir si on est concerné
L'inflammation chronique ne fait pas de bruit mais elle finit par s'exprimer, souvent à l'endroit de nos points faibles, de nos zones déjà fragilisées par la vie. A partir d'un certain âge, généralement autour de la quarantaine, ces signaux deviennent plus repérables : raideurs articulaires au réveil, inflammation chronique des gencives, muqueuses respiratoires constamment irritées sur un terrain allergique, problèmes de peau récurrents, troubles digestifs chroniques, fatigue qui ne se résorbe pas malgré le repos.
Un médecin peut aider à objectiver la situation avec un examen et certains marqueurs sanguins, comme le dosage de la protéine C-réactive ultra-sensible. Il est aussi utile de faire un état des lieux de son environnement : qualité de l'eau, présence de moisissures dans l'habitat, exposition à des métaux lourds sur le lieu de travail, etc.
Calmer l'inflammation chronique : remettre les choses à plat
Voici peut-être le point le plus important de cet article, et celui qui demande le plus d'honnêteté : il est tentant de vouloir simplement prendre une plante anti-inflammatoire et de considérer le problème résolu. Mais l'inflammation chronique, par définition, est entretenue par des déclencheurs qu'il faut identifier et réduire. Les plantes sont une aide précieuse bien sûr mais pas un substitut à ce travail de fond.
Les leviers principaux sont connus : bouger régulierement (la science confirme que l'activite physique adaptée est l'une des interventions les plus efficaces pour calmer l'inflammation), prendre soin de son système digestif et de son microbiote, réduire son exposition aux toxiques environnementaux, consommer une large variété d'antioxydants alimentaires et gérer son niveau de stress.
C'est en parallèle avec ce travail de fond que les plantes anti-inflammatoires trouvent toute leur place.
Les plantes, alliees de l inflammation aigue et chronique
Pour l'inflammation aiguë, l'idée n'est généralement pas de bloquer le processus, il est nécessaire à la réparation, mais de soulager la douleur par exemple.
Les plantes riches en tanins (feuilles de ronce, écorce de chêne, plantain) aident à resserrer et calmer les muqueuses irritées. Les plantes aromatiques comme le thym ou la sarriette soutiennent l'élimination des pathogènes. Et certaines plantes anti-inflammatoires à action plus large : reine des près, écorce de saule, gingembre peuvent moduler une inflammation aiguë intense, en complement d'un avis medical si nécessaire.
Pour l'inflammation chronique, la logique change : on travaille sur le temps long, en cure de plusieurs semaines a plusieurs mois, en accompagnement du travail de fond sur l'hygiène de vie. Le curcuma occupe une place particulière dans cette famille de plantes. Sa curcumine traverse même la barrière hemato-encéphalique, un exploit pour une molécule végétale, ce qui en fait un anti-inflammatoire systémique capable d'agir jusque dans l'environnement cérébral. C'est aussi un antioxydant majeur, dont l'effet protecteur sur l'ADN cellulaire dépasserait celui de la vitamine E ou du bêta-carotène selon certaines études.
C'est dans cette double logique : soutenir le terrain digestif d'un côté, et soutenir la vitalité et la résilience au stress de l'autre que s'inscrivent deux de mes oxymels : Harmonie Digestive et Vitalité.
Harmonie Digestive : prendre soin du terrain
Cet oxymel rassemble mauve, camomille romaine, curcuma, angélique, fenouil, gingembre et origan, dans une base de vinaigre de cidre et de miel cru.
Pour bien saisir pourquoi un oxymel digestif peut avoir un effet qui dépasse largement le confort du ventre, il faut suivre le fil, étape par étape.
Tout commence par un déséquilibre de la flore intestinale. Quand on mange trop sucré, trop transformé, ou qu'on traverse une période de stress prolongé, certaines bactéries moins favorables prennent le dessus sur les bonnes. Ces bactéries fermentent les aliments d'une façon plus agressive et cette fermentation excessive irrite la paroi de l'intestin. Mais il faut le dire clairement : ce déséquilibre n'est pas toujours une affaire de choix alimentaires à l'âge adulte. Notre microbiote se construit en réalité dès la naissance, le mode d'accouchement, le fait d'avoir été allaité ou non, une naissance prématurée, ou la prise d'antibiotiques dans les tout premiers mois de vie influencent durablement sa diversité et sa composition. Certaines personnes portent ainsi, depuis l'enfance, un terrain intestinal plus fragile, sans aucun lien avec leur hygiène de vie actuelle. Ce constat n'est pas une fatalité : il signifie simplement que prendre soin de son intestin à l'âge adulte, quel que soit son point de départ, a tout son sens.
Cette paroi intestinale fonctionne normalement comme un filtre très fin : elle laisse passer les nutriments dont on a besoin, et garde tout le reste à l'intérieur du tube digestif, là où il doit rester. Quand elle est irritée trop longtemps, par les fermentations excessives, ou parce qu'elle est fragile depuis longtemps, ce filtre se relâche un peu : on parle d'hyperperméabilité intestinale, ou plus simplement d'intestin perméable. De petites particules qui devraient rester confinées dans l'intestin commencent alors à passer dans le sang.
Le système immunitaire, qui patrouille en permanence dans tout le corps, repère ces particules comme des intrus. Il déclenche une réponse de défense, exactement le même type de réponse qu'on a vu au début de cet article avec les cytokines pro-inflammatoires. Sauf que cette fois, l'alerte ne se limite pas au ventre : elle peut se répercuter dans les articulations, sur la peau, ou ailleurs. C'est ainsi qu'un déséquilibre digestif, ancien ou récent, peut nourrir une inflammation qui se ressent à des endroits qui semblent, à première vue, n'avoir aucun lien avec l'intestin.
C'est précisément sur ce fil-là que travaille Harmonie Digestive. La mauve et la camomille romaine apaisent la paroi intestinale irritée. Le fenouil et l'angélique calment les fermentations excessives qui abîment cette paroi. Le curcuma et le gingembre agissent sur l'inflammation, qu'elle soit locale ou qu'elle se soit déjà propagée. L'origan aide à limiter la prolifération des bactéries les moins favorables. Ce remède pourrait donc agir sur le confort digestif immédiat tout en participant, en profondeur, à calmer l'un des mécanismes les plus documentés de l'inflammation chronique, quelle que soit l'origine, ancienne ou récente, de la fragilité intestinale de départ.
Vitalité : soutenir l'énergie et la résilience
Vinaigre de cidre et miel cru en base, infusés avec curcuma, gingembre, reishi, cannelle, sauge officinale, ortie, romarin, clou de girofle, cynorrhodon, sapin, astragale et angélique.
Le curcuma et le gingembre forment ici aussi le coeur anti-inflammatoire de la formule. Le reishi est un champignon adaptogène, traditionnellement associé au soutien de la vitalité profonde et de la résilience face au stress, un terrain qui, on l'a vu, joue un rôle direct dans l'entretien de l'inflammation chronique.
Le cynorrhodon est l'un des fruits les plus riches en vitamine C du règne végétal et plusieurs essais cliniques ont étudié l'effet d'une poudre standardisée de cynorrhodon sur le confort articulaire dans l'arthrose, avec des résultats positifs sur la douleur et la mobilité. Une étude d'observation menée sur un an par l'université de Fribourg a également montré une amélioration chez des patients souffrant d'exacerbations aigües de douleurs chroniques variées. Ses galactolipides spécifiques agiraient en modulant la migration des cellules immunitaires inflammatoires.
L'astragale est l'une des grandes plantes toniques de la pharmacopée chinoise, traditionnellement utilisée pour soutenir les defenses naturelles sur la durée, en particulier chez les personnes en état de fatigue chronique. La sauge officinale et le romarin apportent leur richesse en composes antioxydants. Rappelons que le stress oxydatif et l'inflammation chronique sont deux phénomènes intimement liés. L'ortie remininéralise et soutient le terrain général. La cannelle et le clou de girofle, en plus de leur rôle aromatique, sont traditionnellement reconnus pour leurs propriétés toniques et antioxydantes. Le sapin et l'angélique complètent cette formule pensée comme un soutien global de la vitalité, dans une approche qui ne sépare jamais l'energie du corps de sa capacité à moduler l'inflammation.
Harmonie Digestive et Vitalite se complètent naturellement : l'un peut agir à la racine, dans le ventre, quand l'autre peut soutenir le terrain général et la résilience face au stress. Ce n'est pas un hasard si ce sont les deux oxymels que je prends moi-même le plus régulièrement pour réguler mon microbiote intestinal ainsi que pour soutenir l'endométriose et l'adénomyose.
Cet article a une dimension informative et ne remplace en aucun cas un avis médical. Si vous vivez avec une maladie inflammatoire chronique, endométriose, adénomyose ou autre, un suivi médical reste indispensable. Les plantes peuvent accompagner ce chemin, jamais le remplacer.
Lüne Alchimies Végétales
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Les soins que je vous propose ne se substitue pas à un avis médical.
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